Le procureur de la République dans sa grande sagesse ne suit pas France 2 qui avait porté plainte en diffamation et requiert la relaxe de l’"accusé".
Le Tribunal de Grande Instance de Paris 17ème chambre correctionnelle, présidé par Joël Boyer, rendra le 19 octobre son jugement dans l’affaire France 2 - Enderlin (parties civiles) contre Karsenty – Media Ratings.
Mais déjà la prise de position de Madame Le procureur de la République Sandrine Alimi-Uzan, à l’audience, en dit long. En effet, elle a requis la relaxe de Monsieur Philippe Karsenty et de Media-Ratings "agence de notation de médias" qu’il dirige.
A l’origine, les images diffusées en 2000 par France 2 montrant la mort du jeune Mohammed al- Doura à Gaza et qui ont fait le tour du monde. Le reportage de France 2 qui a l'objet d'une intense polémique était donc au cœur des discussions au Tribunal.
Media-Ratings donc M. Karsenty ont estimé que les images étaient le fruit d'une mise en scène et que rien ne prouvait que l'enfant fût mort le 30 septembre 2000. Il était alors question dans un texte mis en ligne par l’agence de «supercherie» et de «mascarade». Les démissions immédiates d'Arlette Chabot (directrice de l'information) et de Charles Enderlin journaliste qui avait commenté le reportage ont été clairement réclamées. D'où le procès en diffamation à l’initiative de ces derniers.
M. Karsenty qui a offert au Tribunal de prouver ce qu’il analysait dans son propos, a notamment fait citer quatre témoins, dont Francis Balle, universitaire et ancien membre du C.S.A. Il a de plus fourni les images de l’époque qui ont fait que plusieurs journalistes de premier plan ayant été amenés à visionner 27 minutes de «rushes» au siège de France 2, ont estimé que les séquences inédites précédant celle qui fait débat, pouvaient vraisemblablement relever de la mise en scène. Charles Enderlin et France 2 ont indiqué qu'ils avaient choisi de ne pas inclure le passage de la mort de l’enfant au montage final.
En réalité, ce passage n'existe pas. Il est apparu qu’on ne voit «à aucun moment la mort de l'enfant». Me Dauzier le Conseil de M. Karsenty a donc logiquement demandé au Tribunal de ne pas condamner M. Karsenty mettant en avant sa bonne foi et le fait qu’il avait étayé ses dires par une enquête poussée, en particulier sur le fait que des spécialistes avaient estimés que les 4 positions prises par l’enfant qui aurait succombé à ses blessures dont un regard furtif à la caméra pour l’une d’entre elles, étaient le cas échéant incompatibles.
Le parquet a été sensible à la démarche du prévenu qui, selon ses propres termes, a présenté «des preuves relativement convaincantes» au terme d'une enquête «ni bâclée ni partiale» dans «le contexte autorise une certaine liberté de ton». Il a aussi clairement souligné que France 2 n’avait pas fourni «la production des rushes à l'audience qui aurait pourtant été une pièce maîtresse» en lui en faisant, du reste, expressément le reproche pour induire ensuite la demande de relaxe.
France 2 et Charles Enderlin pour ne réclamer que l'euro symbolique mais surtout la condamnation de M. Karsenty, n’ont fait citer aucun témoin mais surtout n’ont pas jugé utile de faire visionner les fameuses 27 minutes, pivot de la démonstration controversée et des différents films télés qui s’en sont suivis.
C’est donc le 19 octobre que Monsieur Philippe Karsenty et Media-Ratings seront fixés sur leur sort. Toutefois on peut déjà penser que l’avis du procureur sera suivi. Néanmoins, ce n’est pas en portant plainte à tout bout de champs pour diffamation que France 2 réussira à regagner sa crédibilité en matière d’information, France 2 qui à part cette plainte, n’a absolument pas communiqué sauf pour menacer de procès quiconque oserait avoir un autre avis. Et la liberté d’expression !
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